Guerre déclarée contre la pollution des véhicules diésel

La semaine dernière, la maire PS Anne Hidalgo a annoncé vouloir supprimer les véhicules diesel de Paris intra-muros d’ici à 2020.

Bientôt plus de véhicules diésel à Paris.

Bientôt plus de véhicules diésel à Paris.

Les professionnels de l’automobile regrettent  cette prise de position estimant que les véhicules diésel actuels sont désormais aussi polluants que les véhicules essence. Le transport routier ne représente que 15 % des émissions de particules fines, alors que 31 % de ces émissions sont imputables à l’industrie manufacturière, 30 % aux habitations et aux bureaux et 20 % à l’agriculture. Le Centre Interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (CITEPA) publie ces chiffres et montre aussi que la part des transports est en baisse contrairement à celles de l’industrie ou de l’agriculture.

Les politiques ne tiennent pas compte de cette nouvelle tendance soulignée par Gilles Le Borgne, directeur de la recherche et du développement chez PSA Peugeot Citroën. Cette nouvelle donne est la conséquence des réglementations européennes les plus sévères au monde. Les dernières normes Euro6 ont permis de diviser par 10 la totalité des polluants et par 600 les particules diésel par rapport à 1992. Les véhicules mis en cause sont ceux répondant aux normes Euro5 entrées en vigueur entre 2009 et 2011. Malgré tous ces efforts, le diesel reste la cible principale des différentes ONG et du gouvernement et est synonyme de « véhicule sale ». Gilles Le Borgne propose une réunion d’experts indépendants pour mettre cartes sur table et lever ainsi de nombreux doutes.

Le Conseil National des Professions de l’Automobile (CNPA) n’approuve pas la mesure annoncée par Anne Hidalgo mettant aussi en avant les progrès technologiques en matière de diésel. Selon le CNPA, pour que la mesure soit effective en 2020, les automobilistes vont différer l’achat d’un véhicule et l’équilibre du marché en sera donc perturbé.

Les 760 000 membres de l’Automobile Club Association (ACA) affirment que la solution en ce qui concerne les particules, réside dans la généralisation progressive du filtre à particules (FAP). Cette mesure a l’avantage de s’étaler sur peu d’année et d’envisager des coûts inférieurs à ceux engendrés à la solution proposée par Madame Hidalgo..

Le renouvellement du parc automobile est aussi à envisager. L’âge moyen du parc français est le principal frein à la réduction de la pollution.  Les ONG demandent la mise en place une « prime à la conversion des vieux diésel ». Cette prime s’élèverait à 1 500 € pour les revenus modestes. Le renouvellement permettrait aussi de réduire les particules de dioxyde d’azote (NO2) grâce aux normes Euro6 instaurées depuis le 1er septembre 2014.

Actuellement, le parc automobile est constitué de 62 % de véhicules diésel et ce carburant représente 80 % des ventes totales.

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