Les auto-écoles montent au créneau

Les auto-écoles ont décidé d’engager la lutte contre la dématérialisation annoncée. Elles sont reçues ce jour au ministère de l’Intérieur.

Philippe Colombani fait partie des opposants à la réforme du permis de conduire.

Philippe Colombani fait partie des opposants à la réforme du permis de conduire.

La dématérialisation consiste à l’absence de locaux, la suppression des cours de code qui se dérouleront sur Internet. Des moniteurs indépendants proposeront leurs services via le Web. Certaines sociétés ont déjà fait la demande d’agrément (dont Ornikar) en préfecture mais le président de l’Union nationale des indépendants de la conduite (UNIC), Philippe Colombani déclare que cet agrément sera refusé. Selon lui, ces sociétés sont illégales et dangereuses et favoriseront le travail au noir. Cependant la menace est avérée. Le principal atout de ces auto-écoles en ligne réside dans le coût.

Pourtant, la deuxième étape de la réforme du permis de conduire est engagée : le ministère de l’Intérieur a annoncé au mois de juin qu’en 2015, les examens du Code seront surveillés par des centres agréés. Les inspecteurs des permis de conduire seront entièrement réservés aux épreuves pratiques. Mais les auto-écoles soulignent que l’administration n’a qu’un seul objectif : faire baisser le coût trop onéreux du permis. Or, une des priorités gouvernementales est le renforcement de l’éducation routière afin de diminuer la mortalité routière chez les jeunes conducteurs.

Le Conseil National des Professions de l’Automobile se prononce pour un apprentissage baser sur l’échange, la discussion. Si les élèves d’aujourd’hui peuvent réviser leur code en ligne, ils ont aussi besoin d’interlocuteurs compétents pour répondre à leur question ou pour préciser certains concepts. Pour s’interposer aux écoles en ligne, les professionnels demandent le maintien de l’agrément actuel qui impose deux salles : une pour les inscriptions et une pour l’enseignement. Les dirigeants d’Ornikar se sont soumis à ces règles mais leur projet semble bloqué. Pourtant, ils déclarent que près de 270 moniteurs indépendants sont prêts à travailler avec eux. Leur société a été assignée devant les tribunaux par les professionnels de l’automobile mais le tribunal de commerce n’a pas prononcé de sanction. L’UNIC a fait appel, le combat continue donc.

Un autre modèle d’auto-école a vu le jour illustré par auto-école.net qui a reçu son agrément. Ce site propose un enseignement du code exclusivement en ligne par des moniteurs salariés. Les prix affichés montrent une baisse de 50 % .

Jean-Christophe Fromantin, député UDI des Hauts-de-Seine propose de s’occuper en priorité des épreuves de conduite. Les délais sont trop longs et le coût trop onéreux. La réforme de 2015 qui prévoit des centres agréés pour gérer les examens du code ne lui semble pas suffisante. Face à cette problématique, le député s’engage pour un permis probatoire délivré par un organisme certificateur au prix de 50 € environ. Au bout de deux ans sans infraction, le permis sera délivré. En cas d’infraction, les élèves devront repasser leur examen. La proposition sera examinée fin novembre. En ce qui concerne les établissements de la conduite, Jean-Christophe Fromantin estime qu’exiger deux salles est dépassé. Conscient que l’enseignement ne peut pas se faire exclusivement sur le Net, la location de salle pourrait être une solution.

En attendant, les auto-écoles doivent faire face au mécontentement des candidats en attente d’une place pour passer leur permis.

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