Permis de conduire interdit pour les Saoudiennes

En 2015, le royaume ultra-conservateur d’Arabie Saoudite interdit aux femmes de passer leur permis de conduire.

#women2drive

#women2drive.

Ce n’est, hélas, pas la seule interdiction visant le sexe « faible » : boire un café en terrasse, déjeuner au restaurant avec homme étranger à sa famille, faire du sport en public, se baigner au bord de la plage, ou nager en piscine, se déplacer à vélo et en voiture…..

Depuis 2011, des militantes ont mis en place certaines actions pour obtenir le droit de conduire. Madeha al-Ajroush, photographe et psychologue, est le phare de la lutte féministe dans le pays. Lors de la première guerre du Golfe, en 1990, pour imiter les femmes militaires américaines, elle s’est mise au volant d’un véhicule. Son but : conduire sans se faire arrêter…

Vingt ans plus tard, elle est à l’origine du mouvement Women2drive. Pour les Saoudiennes, conduire représente un symbole de liberté, de statut de citoyenne. Pendant la manifestation, certaines conductrices ont été arrêtées et ont dû s’acquitter d’une amende 900 ryals (180 €). D’autres ont passé quelques jours en prison, ce qui a provoqué l’indignation internationale.

En octobre 2013, trois militantes saoudiennes demandent la levée de l’interdiction arguant qu’il n’existe aucune loi qui interdit les femmes de conduire. Mais ce mouvement « Oct26driving » a été condamné par les autorités qui promettaient des sanctions exemplaires….Les Saoudiennes ne baissent pas les bras, continuent de négocier pour gagner ce combat à force de discussion. La tâche est ample puisqu’il s’agit de convaincre un royaume tout entier. Mais les mentalités ont la vie dure et le poids de la religion est fort. La société est aussi fortement marquée par des traditions ancestrales même si, effectivement, aucun texte islamique ne fait allusion à une quelconque interdiction.

Comment les hauts dignitaires arrivent à justifier leur point de vue ?

En janvier 2015, un historien saoudien invité sur un plateau de télévision crée la polémique en voulant évoquer les droits des hommes et des femmes. Il émet l’idée que les « femmes occidentales conduisent parce qu’elles ne craignent pas d’être violées ». Et il continue en affirmant que pour les femmes occidentales, un viol n’est pas important au-delà des dégâts sur leur morale. En revanche, en Arabie Saoudite, le « problème est de nature sociale et religieuse ». La journaliste tente de contre-attaquer face à cet historien que les femmes saoudiennes sont traitées comme des reines, disposant de chauffeurs « à leur service ». La journaliste émet l’hypothèse qu’un chauffeur pourrait violer une de ces femmes. Alors l’historien propose une solution : engager des chauffeurs de sexe féminin.

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2 réponses

  1. Augustine dit :

    Très bon article et très intéressant

  2. Sarah dit :

    « Pour les Saoudiennes, conduire reprĂ©sente un symbole de libertĂ©, de statut de citoyenne.  » Bien dis !!

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